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Burn-out, brown-out, bore-out : trois souffrance au travail à ne pas confondre

  • 1 juil.
  • 4 min de lecture

Dernière mise à jour : 6 juil.


Un homme au travail submergé par les tâches à accomplir


On les entend de plus en plus souvent, parfois utilisés comme synonymes, parfois de façon interchangeable. Et pourtant, burn-out, brown-out et bore-out désignent trois réalités profondément différentes — avec des causes, des symptômes et des solutions qui ne se ressemblent pas.


Ces trois termes ont un point commun : ce sont trois formes d'épuisement professionnel. Mais le burn-out survient lorsqu'on est épuisé par un excès de charge mentale, émotionnelle ou physique ; le bore-out touche celles et ceux qui s'ennuient profondément au travail ; quant au brown-out, il résulte d'un manque de sens dans ce que l'on fait, d'un décalage entre ses valeurs et les missions confiées.


Trois situations. Trois souffrances. Trois signaux d'alarme que trop de personnes mettent du temps à reconnaître — en eux-mêmes.


Les chiffres qui alertent


En 2024, près de 480 000 salariés français seraient en détresse psychologique au travail, et le burn-out toucherait 6,2 % de la population active.


Près de 40 % des salariés français se considèrent en souffrance ou soumis à des niveaux de stress élevés.


Une étude Gallup réalisée en septembre 2024 sur 128 000 employés révèle que seulement 23 % d'entre eux se sentent réellement engagés dans leur travail.


Ces chiffres ne concernent pas que des cas extrêmes. Ils parlent de millions de personnes qui vont travailler chaque matin en portant quelque chose de lourd — sans toujours savoir le nommer.


Le burn-out : l'épuisement par l'excès


C'est le plus connu des trois. Pour l'Organisation mondiale de la santé, le burn-out se définit comme un sentiment de fatigue intense, de perte de contrôle et d'incapacité à aboutir à des résultats concrets au travail. Il est le résultat d'un stress chronique.


Le burn-out ne survient pas du jour au lendemain. Il s'installe progressivement, souvent chez des personnes très investies, perfectionnistes, qui donnent beaucoup — jusqu'à donner trop. Le burn-out se traduit le plus souvent par un niveau de stress très élevé ou chronique. Le salarié concerné peut développer à terme des problèmes de santé lourds comme la dépression.


Signes caractéristiques :

  • Fatigue profonde qui ne disparaît pas avec le repos

  • Cynisme, détachement émotionnel vis-à-vis du travail

  • Sentiment d'inefficacité malgré les efforts fournis

  • Troubles du sommeil, irritabilité, maux physiques inexpliqués


En un mot : trop.


Le bore-out : l'épuisement par l'ennui


Moins connu, souvent minimisé — et pourtant tout aussi dévastateur. Contrairement au burn-out qui découle d'une surcharge de travail, le bore-out survient lorsque les employés se trouvent confrontés à un ennui persistant et à une sous-utilisation de leurs compétences. C'est un état de frustration et d'insatisfaction causé par un manque de tâches stimulantes, des missions monotones, un manque de responsabilités ou l'absence de reconnaissance.


L'idée reçue voudrait qu'avoir peu de travail soit une chance. La réalité est toute autre. Selon une étude anglaise intitulée « Bored to death », les salariés qui s'ennuient au travail présentent deux à trois fois plus de risque d'être victimes d'accidents cardiovasculaires que ceux dont l'emploi est stimulant.


Malgré la faible charge de travail, le salarié en bore-out ressent une fatigue et une baisse d'énergie, et présente parfois des symptômes proches de la dépression : tristesse, démotivation, apathie.


Signes caractéristiques :

  • Ennui permanent, sentiment d'inutilité

  • Difficulté à se lever le matin malgré l'absence de surcharge

  • Honte de s'ennuyer, ce qui aggrave encore la souffrance

  • Perte d'estime de soi et de confiance en ses compétences


En un mot : trop peu.


Le brown-out : l'épuisement par le vide de sens


C'est le plus insidieux des trois — et sans doute celui qui progresse le plus dans nos sociétés. Le terme « brown-out » est tiré du monde de l'énergie : il signifie baisse de tension d'un appareil électrique. Il décrit cette situation où le collaborateur manque de jus. Il effectue ses tâches de façon mécanique, sans se soucier de leur qualité, ayant en quelque sorte démissionné dans sa tête.

Contrairement au burn-out, qui est un état d'épuisement dû à une surcharge de travail, et au bore-out, qui résulte d'un ennui professionnel, le brown-out se situe entre les deux. Il se manifeste par une absence de sens et de satisfaction au travail, sans pour autant provoquer un épuisement physique immédiat.


Le brown-out se manifeste quand les individus ont le sentiment que leur travail ne correspond pas à leurs valeurs personnelles ou à leurs aspirations professionnelles. On peut être en brown-out même avec beaucoup de travail, même dans un poste valorisé de l'extérieur.


Signes caractéristiques :

  • Sentiment que ce que l'on fait ne sert à rien

  • Désengagement progressif et silencieux

  • Perte de motivation sans raison apparente

  • Difficulté à expliquer son mal-être à son entourage


En un mot : plus de sens.


Tableau comparatif de la souffrance au travail


Burn-out

Bore-out

Brown-out

Cause principale

Surcharge

Sous-charge / ennui

Perte de sens

Énergie

Épuisée

Inexploitée

Éteinte

Rapport au travail

Trop

Trop peu

Vide

Signal d'alarme

Fatigue extrême

Ennui chronique

Apathie / désengagement

Ces trois états ont pourtant un point commun


Qu'il s'agisse de trop, de trop peu ou d'une perte de sens, ces trois situations envoient le même message fondamental : quelque chose ne va plus dans le rapport entre vous et votre travail.

Et ce quelque chose mérite d'être écouté — avant que le corps ou l'esprit ne prenne la décision à votre place.


Et si c'était le moment de faire le point ?


Reconnaître ce que l'on traverse est souvent la première étape — et la plus difficile. La deuxième, c'est de comprendre pourquoi. Qu'est-ce qui manque ? Qu'est-ce qui pèse ? Qu'est-ce que l'on attendait du travail, et qu'est-ce qu'on y trouve réellement ?


Ces questions, apparemment simples, touchent à des choses profondes : nos valeurs, notre identité professionnelle, ce qui nous anime vraiment. Elles méritent un espace pour être posées sereinement — sans jugement, sans urgence, avec méthode.

Car comprendre ce que l'on ressent, c'est déjà commencer à s'en sortir.




Sources

  • OMS — Définition internationale du burn-out

  • Gallup — Étude sur l'engagement au travail, septembre 2024 (128 000 employés)

  • Groupe JLO — Livre blanc santé mentale au travail 2025

  • Institut de veille sanitaire — Chiffres du burn-out en France 2024

  • Malakoff Humanis — Définitions et prévention burn-out, bore-out, brown-out

  • Partenamut — Comparaison burn-out, bore-out, brown-out

  • étude « Bored to death » — Risques cardiovasculaires et ennui au travail

  • Ignition Program / Focus RH — Étude souffrance au travail, janvier 2024

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